Réalisé par Jonathan Rothé   
      
  Réflexions sur le rôle de l'art dans le métro et présentation du projet 
      
  
 A quel moment a-t-on fait appel à vous pour ce projet?
     
 
   Je crois que cela fait longtemps, c'est en 1984-1985. En '84 pour la première fois, un membre de la Commission Artistique qui est formé ici à Bruxelles, m'a demandé si j'étais intéressé pour travailler sur une station de métro. A ce moment-là, il y avait encore le choix entre deux ou trois stations proposées dont une était Maebeek. Je me souviens que début '95, j'ai été voir la station avec Ludo Bekkers, critique d'art flamand et membre de la Commision. J'ai donc vu la station Maelbeek dans l'état où elle était à ce moment-là. Mais on ne m'avait pas parlé du tout de rénovation, rien du tout. A ce moment-là, j'aurais pu tout de suite dire oui, et j'aurais fait quelque chose en 95-96 et ce serait fini. Mais en réalité, la station était tellement horrible, dans un état affreux, que je ne voyais vraiment pas le sens de faire quoi que ce soit dans la station. J'ai donc expliqué ça à Ludo Bekkers. Moi je veux encore bien faire le plus beau dessin ou la plus belle peinture au monde, comme c'est le cas dans beaucoup de stations anciennes ou neuves. Il n'y a aucun rapport avec l'architecture. On demande simplement à un artiste; "Voilà, il y a un mur de 10m sur 5m dans ce hall, est-ce que vous pouvez me mettre un de vos trucs là-dessus". Et très souvent, je trouve cela ridicule. Je trouve que cela n'a rien à voir avec l'oeuvre et l'artiste, qu'on aime ou qu'on aime pas, mais je veux dire qu'on voit quelque chose et que l'on ne sait pas pourquoi c'est là. Ca aurait pu être à un autre endroit. Il y a donc aucune fonction, c'est simplement parce qu'il y a une loi qui dit qu'il faut mettre de l'art dans le métro. Et si c'est que ça, je trouve pas que j'ai le droit de faire cela. Alors, j'ai été invité par la Commission, et du fait, j'étais venu à la Commission pour refuser le travail. J'avais dit que je pouvais simplement pour l'argent faire quelque chose et le laisser grandir, et c'est fini. Mais ça, je ne veux pas.
 
C'est aussi par mes intérêts personnels et par mes études: j'ai aussi toujours été intéressé par l'architecture et je trouvais que moi-même, j'avais beaucoup de critiques sur l'art dans le métro en général. Donc, je trouvais que c'était à moi de ne pas faire la même faute. A ce moment-là, je leur ai expliqué pourquoi je ne voulais pas faire le travail. Je leur ai dit: "Voilà, parce que pour moi, il y a aucune intégration entre architecture et art. Un membre de la Commission m'a ensuite dit: "Ah oui, mais la station de Maelbeek, elle devrait dans trois ou quatre ans être rénovée." Alors, je dis: "Si vous vouler la rénover, alors je ne comprends encore moins pourquoi vous me demandez de mettre une oeuvre d'art." Ensuite, il y a eu une discussion et à un moment donné, ils m'ont dit: "Si on rénove la station de métro, est-ce que à ce moment-là vous voulez travailler?" J'ai dit: "Oui, ca dépend dans quelle mesure et ce que vous entendez par rénovation." je leur ai dit que j'aimerais bien aussi connaître les architectes et si il est possible d'avoir un lien. Et à ce moment-là, il y a eu quelque chose d'incroyable qui s'est passé, comme les choses se passent souvent en Belgique: à cette réunion, ils m'ont demandé, alors qu'il n'y avait encore rien de signé, si je connaissais les architectes avec qui je voulais travailler. Donc en fait, j'étais venu pour refuser et finalement, une heure après, on parlait de rénovation et j'ai pu choisir Henk De Smet et Paul Vermeulen. Il a fallu encore une petite année pour que le ministre signe le projet. Jusqu'à ce moment-là, on doit un peu se taire sur la situation parce que avec les choses communautaires, c'est pas évident. Le ministre Hasquin a finalement signé le projet et depuis '96, on travaille intensément sur le projet.